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Analyse de la concurrence : une grille fiable pour choisir où vous démarquer

Adrien Leclercq-Valette 8 min de lecture
Analyse de la concurrence : grille 1-10 pour choisir où se démarquer

L’analyse de la concurrence consiste à comparer les offres, les pratiques et les forces des entreprises qui répondent aux mêmes besoins que vous. Son intérêt n’est pas d’accumuler des informations, mais de décider : quelle clientèle viser, quel prix défendre et quelle différence rendre visible. Pour obtenir un résultat exploitable, partez d’une décision précise, puis confrontez vos hypothèses à des observations vérifiables.

Définir la décision avant de chercher des concurrents

Une étude menée avant une création d’entreprise ne répond pas aux mêmes questions qu’un diagnostic destiné à relancer les ventes. Dans le premier cas, vous cherchez à apprécier la place accessible sur le marché. Dans le second, vous voulez comprendre pourquoi certains clients choisissent une autre offre. Formulez votre objectif en une question opérationnelle : « Notre service peut-il justifier un tarif supérieur grâce à un accompagnement spécialisé ? »

Testez vos connaissances sur l’analyse de la concurrence

Répondez aux six questions, puis validez pour obtenir votre score et les explications.

Progression Score : 0 / 6
1. Quel est l’objectif principal de l’analyse de la concurrence ?
L’analyse de la concurrence vise une comparaison structurée des offres et des pratiques observées.
2. Quels types de concurrents l’analyse distingue-t-elle ?
L’analyse prend en compte les concurrents directs ainsi que les concurrents indirects.
3. Pourquoi associer une date aux preuves recueillies ?
Une preuve datée permet de savoir quand l’observation a été faite et de comparer les évolutions dans le temps.
4. Que désigne le « panier témoin » dans une analyse comparative ?
Le panier témoin repose sur un ensemble constant d’éléments afin de rendre les comparaisons cohérentes.
5. Comment fonctionne un score pondéré ?
Un score pondéré tient compte de l’importance relative des critères au lieu de leur donner automatiquement le même poids.
6. À quoi sert la fréquence de mise à jour des observations ?
La fréquence de mise à jour permet de maintenir les observations et de suivre les changements dans le temps.

Précisez ensuite le segment de clientèle, le territoire, la catégorie d’offres et les canaux de vente concernés. Pour une activité locale, la zone de déplacement des clients compte davantage qu’une liste nationale d’acteurs. En B2B, ajoutez les décideurs, les exigences d’achat et la durée du cycle commercial.

Distinguez trois démarches complémentaires : l’analyse concurrentielle établit un diagnostic pour orienter une décision ; le benchmark compare des pratiques ou des performances ciblées ; la veille concurrentielle suit leurs évolutions dans le temps. Aucune ne remplace l’étude de la demande ni le calcul de rentabilité nécessaire au business plan.

Retenir les acteurs que vos clients peuvent réellement choisir

La bonne liste ne se limite pas aux entreprises qui vous ressemblent. Demandez-vous quelles solutions un client envisage avant d’acheter, y compris celles qui changent sa façon de résoudre le problème.

Infographie du processus d’analyse de la concurrence, de la collecte des preuves au positionnement
Infographie du processus d’analyse de la concurrence, de la collecte des preuves au positionnement
  • Concurrents directs : une offre similaire pour une clientèle et un territoire comparables.
  • Concurrents indirects : une autre catégorie d’offres répondant au même besoin.
  • Solutions de substitution : une autre manière d’obtenir le résultat, parfois sans achat. Cette catégorie peut recouper la concurrence indirecte.
  • Concurrents potentiels : des acteurs susceptibles d’entrer sur votre marché, par diversification ou extension géographique.

Pour un studio de sport, les autres studios sont des concurrents directs ; une application d’entraînement peut constituer une solution indirecte ou de substitution. Un réseau national préparant une implantation locale relève de la concurrence potentielle.

Croisez les recherches sur Google ou Bing, les annuaires professionnels et les entretiens clients. La question « Quelles autres solutions avez-vous envisagées ? » révèle souvent des acteurs absents de votre radar. Bpifrance Création recommande de commencer par quatre ou cinq concurrents directs et indirects. Hiérarchisez-les selon la clientèle commune, la proximité de l’offre et leur présence dans les décisions d’achat, plutôt que selon leur seule notoriété.

Construire une grille comparable, avec des preuves datées

Un tableur suffit pour démarrer : placez les critères en lignes et les entreprises, dont la vôtre, en colonnes. Pour chaque observation, conservez la provenance, la date et le statut : fait constaté, estimation ou hypothèse à vérifier. BDC suggère de consacrer deux ou trois semaines à la collecte initiale, afin de laisser le temps de croiser les informations.

Évaluez votre idée de création d’entreprise avant de vous lancer — Le guide officiel de Bpifrance Création vous aide à tester la viabilité de votre projet, vos compétences et vos premières hypothèses.

DimensionÉléments à releverPreuves possibles
Produit ou serviceGamme, fonctionnalités, qualité, garanties, personnalisationCatalogue, démonstration, conditions contractuelles
PrixTarif total, options, abonnement, engagement, remisesPage tarifaire, devis comparable et daté
DistributionZone couverte, disponibilité, livraison, vente directe ou intermédiaireParcours de commande, points de vente
PromotionPromesse, messages, contenus, publicité, visibilité SEOSite, résultats de recherche, réseaux sociaux
Expérience et réputationRéactivité, accompagnement, irritants récurrentsAvis clients, entretiens, test du parcours
Capacités de l’entrepriseEffectif, partenaires, moyens financiers lorsqu’ils sont publicsRapports annuels, registres, annonces officielles

Les quatre premières dimensions reprennent les 4 P du marketing mix : produit, prix, place et promotion. Comparez les prix à périmètre égal : taxes, frais annexes, niveau de service et durée d’engagement peuvent inverser le classement apparent. En référencement naturel, observez les requêtes et les pages visibles, sans confondre position sur Google, trafic estimé et ventes réelles.

Votre grille doit avoir un socle commun : le même scénario d’achat. Faites comparer, par exemple, un besoin identique, un volume identique et une même échéance de livraison. Sinon, vous mesurez des devis incomparables plutôt que des écarts concurrentiels. Ce « panier témoin » sert aussi à repérer les coûts de friction : démarches supplémentaires, attente, formation nécessaire ou difficulté à résilier.

Complétez les sites commerciaux par des entretiens, des publications professionnelles et des données institutionnelles. Au Canada, le code SCIAN à six chiffres aide à situer l’activité ; Statistique Canada permet des comparaisons sectorielles. Respectez les conditions d’accès aux informations et la protection des données personnelles : aucune analyse ne justifie l’obtention de documents confidentiels.

Transformer les écarts en choix de positionnement

Une force n’existe que relativement aux attentes d’un segment. Une gamme étendue rassure certains acheteurs, mais complique le choix pour d’autres. Avant de noter les entreprises, identifiez donc les critères qui influencent réellement l’achat.

Noter sans fabriquer une fausse précision

Vous pouvez employer une échelle de 1 à 10, avec des repères explicites pour chaque critère. Pondérez ensuite les notes selon les priorités des clients. Le score pondéré correspond à la somme des notes multipliées par leurs poids, divisée par la somme des poids. Laissez une donnée inconnue non renseignée : une absence d’information n’est pas une mauvaise performance.

Choisir un outil qui répond à votre question

Un mapping concurrentiel à deux axes visualise les positions, par exemple prix total et niveau d’accompagnement. Un espace vide n’est toutefois pas une preuve de demande. La SWOT distingue vos forces et faiblesses internes des opportunités et menaces externes. Les cinq forces de Porter élargissent l’analyse à la rivalité, aux entrants potentiels, aux substituts et au pouvoir de négociation des clients et fournisseurs. Les matrices BCG, ADL ou McKinsey servent plutôt à arbitrer un portefeuille d’activités qu’à comparer quelques offres.

Exemple fictif : vos observations montrent des prestations standardisées et des délais peu lisibles. Des entretiens confirment que les clients ciblés souhaitent surtout connaître la date de réalisation. Testez alors une offre à périmètre fixe avec délai annoncé, plutôt qu’une baisse générale des prix. La différence devient un avantage si le client la valorise et si vous pouvez la tenir de façon rentable.

Faire vivre l’analyse dans les décisions commerciales

Terminez par une synthèse courte : constats établis, incertitudes, positionnement envisagé et actions à tester. Attribuez à chaque action un responsable, une échéance et un indicateur : acceptation des devis, marge ou motifs de perte commerciale. BDC propose une séance d’équipe ciblée de deux heures pour confronter les observations et dégager les priorités.

Pour l’actualisation, BDC recommande une analyse complète au moins une fois par année et une mise à jour rapide environ tous les deux mois. Adaptez ce rythme à votre marché. Des alertes sur les entreprises suivies, leurs newsletters et un tableau partagé facilitent la veille sans imposer de tout recommencer.

Déclenchez aussi une révision lors d’un lancement concurrent, d’une évolution tarifaire importante ou de pertes commerciales répétées. Intégrezz les conclusions au plan marketing et au business plan : une analyse utile se reconnaît aux décisions qu’elle améliore, pas au nombre de pages produites.

Adrien Leclercq-Valette
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